Docteur,
je desire un check-up
Chapitre tiré de la deuxième
édition du livre "Docteur, j'ai...."
Marc-André Raetzo, Alexandre Restellini, Alain Junod.
Editeurs Médecine et Hygiène
Diffusion en France Vigot
- Maloine
Copyright by Editions Médecine & Hygiène, Département
livre 46,
chemin de la Mousse, CH - 1225 Chêne-Bourg/Genève - 1, rue du Dragon
F - 75006 Paris.
Tous droits de reproduction, y compris par la photocopie, traduction et adaptation
réservés pour tous les pays
mise à jour 12 mai 2002
(modification des chapitres ostéoporose)
mise à jour 5 aout 2002 (substitution
hormonale post-ménopausique)
mise
à jour 6 décembre 2002 (dépistage
cancer prostate)
PREAMBULE.
En théorie, le check-up s'adresse à des personnes asymptomatiques en bonne santé.
En pratique, la réalité ambulatoire est différente, car le patient consulte
souvent avec des symptômes, en relation ou non avec le check-up.
Lorsque le patient est vraiment asymptomatique, la seule utilité démontrée du
check-up est de rechercher les affections qui ont les principales caractéristiques
suivantes:
• l'affection concernée a une phase silencieuse;
• le rendement du test de dépistage correspondant justifie son coût pour la
population donnée;
• l'affection recherchée est traitable;
• le traitement précoce est plus efficace que le traitement tardif.
Les affections qui répondent à ces critères sont peu nombreuses. Ce sont les
facteurs de risques cardiovasculaires, certains cancers à un stade précoce,
le tabagisme, l'alcoolisme, l'ostéoporose, certaines maladies pour lesquelles
il existe un vaccin, les troubles alimentaires et les pratiques sexuelles à
risque. Il s'agit en fait davantage d'un diagnostic précoce que d'un
dépistage précoce. Ses conditions d'application peuvent toutefois
être assimilées à celles d'un dépistage précoce.
Première consultation
L'ANAMNESE DU CHECK-UP
Les questions essentielles
1. Pourquoi
le patient consulte-t-il aujourd'hui?
• A-t-il vécu récemment un événement grave parmi ses proches?
• A-t-il peur d'une séro-conversion VIH à la suite de contacts à risque?
2. Le
patient est-il vraiment asymptomatique?
• Revoir les antécédents et l'anamnèse par système de manière détaillée. Les
patients banalisent souvent; il est difficile pour eux de savoir "ce qui est
normal".
Attention: Le patient ne consulte jamais par hasard; il est important de pouvoir
trouver la raison de la consultation et de répondre à sa demande implicite.
DEUX EXEMPLES:
Un patient habitué à avoir des difficultés à monter les étages ne signalera
pas spontanément cette dyspnée d'effort pourtant pathologique. La notion de
normalité en matière de transit est très personnelle; faire attention en particulier
aux changements d'habitude d'exonération à partir de 50 ans. Les "découvertes"
faites au cours de cette partie de l'entretien doivent être prises en compte
pour elles-mêmes, avec les investigations et les traitements qui s'imposent.
Elles ne font pas partie du "check-up" au sens strict du terme, le patient n'étant
pas asymptomatique.
3. Existe-t-il des facteurs de risque cardiovasculaire?
Il s'agit des situations suivantes:
• un homme de plus de 45 ans ou une femme ménopausée sans hormonothérapie;
• une hypertension artérielle connue ou découverte lors d'un contrôle;
• une anamnèse familiale de maladie cardiovasculaire (avant 55 ans chez le père
ou un oncle; avant 65 ans chez la mère ou une tante);
• un tabagisme;
• une notion de cholestérol élevé;
• une notion de dabète ou d'intolérance au glucose;
• une sédentarité.
REMARQUE: POUR LE TABAGISME,
LE RISQUE EST PROPORTIONNEL AU NOMBRE DE CIGARETTES FUMEES; CE RISQUE EST NEGLIGEABLE
SI LE PATIENT FUME MOINS DE 2 CIGARETTES PAR JOUR.
TABAGISME
Une étude prospective sur 12 ans a permis de démontrer que l'arrêt de la cigarette
diminuait de 24% le risque de mortalité cardiovasculaire dans les deux premières
années. Après 10 à 14 ans d'arrêt de la cigarette, le risque était le même que
chez des non-fumeurs ![]()
1, 2.
Concernant les coronariens, le risque de mortalité chez les patients
qui continuent de fumer est 1,6 fois plus élevé que chez les personnes qui arrêtent
de fumer ![]()
3.
Les patchs de nicotine [p. ex. Nicopatch(r) (F), Nicotinell(r) TTS 30 (CH, B,
F), Nicotrol(r) (Can)] permettent de surmonter la période de sevrage physique
de trois à six semaines.
Le bupropion [amfébutamone (Zyban(r)) (CH, B)] pourrait être utile: une étude
sur 893 patients démontre les résultats suivants en matière d'abstinence tabagique
après une année d'observation: placebo 15,6%, patch de nicotine 16,4%, bupropion
(150 mg/j x 3j puis 2 x 150 mg/j x 60 j) 30,3%, patch et buproprion 35,5% ![]()
![]()
4.
Revoir les patients régulièrement pendant les premiers mois.
SEDENTARITE
Une activité physique régulière même modérée diminue très probablement la mortalité
cardiovasculaire. En prévention primaire, on constate après 4,5 ans, 44% de
diminution de mortalité chez les personnes inactives qui commencent à faire
de l'exercice régulièrement ![]()
5 (NNT 121).
Après 25 ans, la diminution de la mortalité cardiovasculaire chez les personnes
actives physiquement est de 40% ![]()
6 [NNT 157
(fumeurs) 333 (non fumeurs)]. Un exercice significatif (transpiration) de 1,5
heures/semaine ou une marche vigoureuse de 3 heures/semaine est associée à 30-40%
de réduction des événements cardiovasculaires dans une étude prospective de
12 ans chez des infirmières ![]()
7 (NNT 181-242).
D'autre part, une activité physique régulière protège de l'ostéoporose (voir
ci-dessous) et améliore la qualité de vie des personnes limitées du point de
vue pulmonaire ![]()
![]()
8:
• 2 x 20 minutes par semaine, de préférence 3 x 30 min. Un effort modéré correspond
à 50 à 70% de la fréquence cardiaque maximale (220-âge)];
• ou 3 heures de marche par semaine;
• ou 30 minutes d'exercise par jour.
4. Existe-t-il des facteurs de risque pour un cancer?
Pour le cancer du sein
Les femmes avec anamnèse familiale de cancer du sein (ou de l'ovaire), celles
avec antécédents de cancer du sein ou de biopsie mammaire avec lésions dysplasiques
ou prolifératives sont à haut risque carcinologique. A noter l'influence (négative)
également de régles précoces, d'age à la naissanec
du premier enfant après 30 ans, le nombre d'enfants, l'administration
de suppléments d'oestrogènes, une ménopause tardive (>
55 ans)
La transmission héréditaire d'une susceptibilité à développer un cancer du sein
est maintenant établie, en rapport avec une mutation BRCA1 ou BRCA2. La probabilité
d'être porteur d'une mutation dépend du nombre et de la proximité des membres
de la famille avec cancer du sein, de la précocité de l'âge auquel le cancer
est apparu, du fait qu'il soit bilatéral, ou de la présence également d'un carcinome
de l'ovaire dans l'entourage. Adresser ces patients à un centre spécialisé pour
discuter d'un dépistage génétique.
PRISE EN CHARGE
Pratiquer une mammographie chaque année après 35 ans en cas de facteurs de risques
(voir ci-dessus); sinon mammographie tous les deux ans entre 50 ans et 69 ans
(recommandations genevoises).
Entre 50 et 69 ans, pendant une période d'observation de 12 ans, si une mammographie
est pratiquée tous les 2 ans, la mortalité dans le groupe étudié est de 3,9
versus 5,1/1000 dans le groupe contrôle ![]()
![]()
9 (NNT 833).
Ces résultats (assez) favorables ne peuvent être obtenus que si la qualité des
interprétations (mammographies, histologie, etc.) est élevée. Dans certains
programmes moins bien contrôlés, on a en effet pu constater l'absence de bénéfice
de la mammographie.
Il est à noter que ce résultat (3 décès évités pour 1'000 femmes radiographiées
tous les 2 ans pendant 10 ans) est obtenu au prix d'un assez grand nombre de
biopsies. De plus, une vingtaine de femmes devront vivre pendant plusieurs années
avec un diagnostic, mais sans bénéfice, puisque la diminution de la mortalité
par le dépistage n'est " que " de l'ordre de 20% ![]()
![]()
9a.
Après 65 ans, le bénéfice relatif (40% de réduction) et absolu (car augmentation
de probabilité d'avoir un cancer) est plus grand ![]()
![]()
10 (NNT 373).
Avant 50 ans, le bénéfice de la mammographie est probablement semblable ![]()
11, mais le
plus petit nombre de cancers fait qu'il faut faire beaucoup plus de mammographies
pour éviter un décès par cancer du sein (NNT beaucoup plus grand). D'autre part,
le nombre de faux positifs est plus grand (avec la morbidité qui s'y rapporte).
Le dépistage doit donc être discuté individuellement.
Pour le cancer du col
Le cancer du col pourrait être en relation avec une infection persistante par
HPV (human papillomavirus) ![]()
12. Une recherche
systématique de ce type d'infection dans des populations à risque (nombreux
contacts sexuels) pourrait permettre de définir une population à très grand
risque qui mériterait une prise en charge particulière.
On recommande actuellement un dépistage 1 fois tous les 3 ans, après deux dépistages
annuels négatifs
13,
14.
Il est à noter qu'il n'existe pas d'études randomisées démontrant le bénéfice
du dépistage du cancer du col (!).
Pour le cancer colique
Dans certaines affections et dans certaines situations, le risque de cancer
colorectal est élevé. Il s'agit essentiellement:
• de la polypose familiale et du cancer colorectal héréditaire sans polypose;
• du cancer colorectal "familial";
• de la rectocolite ulcéro-hémorragique évoluant depuis plus de 10 ans;
• des antécédents de cancer colorectal ou d'adénomes opérés.
Pour la prise en charge de ces patients, voir sous "coloscopie"
Comme pour le cancer du sein, le dépistage génétique du cancer colique peut
être envisagé dans certains cas.
Pour le cancer de l'endomètre
L'obésité dans la période post-ménopausique et la prise d'œstrogènes lors de
la ménopause non contrebalancée par des progestatifs sont des facteurs de risque
bien connus pour le cancer de l'endomètre.
Pour le cancer de la peau
En présence de plus de 15 grains de beauté, le risque de cancer de la peau augmente
de manière très importante. L'exposition brutale aux rayons solaires, notamment
dans l'enfance, est un facteur de risque pour l'apparition des mélanomes. "La
peau se souvient."
5. Le carnet de vaccinations est-il à jour ?
15?
Les causes d'un taux de vaccination insuffisant sont multiples:
• manque d'informations et oublis (diphtérie / tétanos - personnes âgées);
• manque de conviction des médecins (rougeole / pneumocoque);
• mauvaise image dans la presse (hépatite B);
• sentiment d'inefficacité chez les patients et les médecins (grippe);
• difficulté de recommencer chaque année (grippe) ![]()
![]()
16.
Il faut se rappeler que les vaccinations sont utiles pour le patient, mais aussi
pour la collectivité. Au-dessus d'un certain taux de couverture de vaccination,
les épidémies ne peuvent plus survenir. Il s'agit de l'immunité dite "de troupeau".
La vaccination peut donc être considérée comme un "devoir civique".
Tableau 1 vacccinations recommandées en fonction de critères particuliers.
|
Population concernée |
Vaccin |
Rappel |
|
Pour tous |
Tétanos, diphtérie |
Rappel tous les 10 ans |
|
Pour tous |
Poliomyélite, hépatite A |
Voyage dans zone à risque |
|
Adolescents, personnel médical |
Hépatite B |
|
|
Femme en âge de procréer |
Rubéole |
|
|
Maladies chroniques, personnes âgées |
Grippe, pneumocoque |
Voir texte |
|
Adolescents, jeunes adultes |
Rougeole |
Rappel à l’entrée à l’école |
DIPHTERIE ET TETANOS
Minimum 3 injections puis rappel tous les 10 ans. Une épidémie de diphtérie
en Russie en 1992 (2300 cas en 6 mois
17) a démontré
le danger d'une diminution de la couverture vaccinale. Ce vaccin est très efficace
et totalement sans danger, puisqu'il ne s'agit que d'une anatoxine. Il est actuellement
conseillé d'associer systématiquement le vaccin contre la diphtérie à celui
du tétanos en cas de rappel.
POLIOMYELITE
Le vaccin oral est actuellement déconseillé dans la plupart des pays industrialisés
car il s'accompagne d'une incidence de poliomyélite vaccinale de 1 sur 400 000
à 750 000 pour la primo-vaccination et de 1 sur 5 millions pour les doses suivantes.
Cette incidence de polyomyélite vaccinale est plus grande que le risque d'une
maladie "sauvage" attrapée accidentellement. Le vaccin inactivé par voie parentérale
IPV doit lui être substitué, en tout cas pour les premières doses. L'OMS espère
éradiquer cette maladie prochainement, il est difficile de savoir à quel moment
arrêter les programmes de vaccination
18.
HEPATITE B
Le vaccin est conseillé pour les personnes en contact avec du sang (professionnels
de la santé - patients séropositifs), mais également pour les enfants et les
adolescents ![]()
![]()
19. Nous proposons
un vaccin de seconde génération, p. ex. Engerix(r) (CH-B-Can-F) (personnes de
plus de 10 ans, 20 µg = 1 dose) à 0, 1 et 6 mois. Pour les enfants de moins
de 10 ans, 10 µg. Il n'a pas été observé d'effets secondaires de type sclérose
en plaques sur plus de 120 000 vaccinations ![]()
20. La décision
de cesser la vaccination en France n'est donc pas de manière évidente
basée sur des éléments scientifiques
21.
RUBEOLE
Une infection rubéolique au cours d'une grossesse s'accompagne de 7% de malformations.
Dans les cas où il est difficile de vacciner (doute pendant une grossesse),
le dosage des anticorps avec un taux anticorps anti-rubéole à plus de 1:8 permet
de conclure à une immunité et d'éviter ainsi la vaccination. (Rudivax(r) (F),
Meruvax ll(r) (CH-B), Rubella Virus Vaccine(r) (Can), dose unique). Il n'est
pas nécessaire de revacciner.
Attention: S'assurer que la patiente n'est pas enceinte au moment de la vaccination
contre la rubéole et l'avertir de pratiquer une contraception efficace pendant
les trois mois qui suivent cette vaccination.
GRIPPE
Chez les patients COPD de plus de 65 ans, la grippe s'accompagne de 15% de complications
(mortalité, infection des voies aériennes, décompensation cardiaque). Le vaccin
entraîne une diminution de 50% des complications chez les personnes vaccinées
![]()
22 (NNT 13).
Le bénéfice est également démontré pour les personnes plus jeunes, avec une
diminution de 42% des journées de travail manquées ![]()
![]()
23 (NNT 2).
Sur plus de 25000 personnes de plus de 65 ans suivies pendant 3 années d'épidémie,
le vaccin (avec environ 50% de couverture vaccinale) diminue les hospitalisations
pour pneumonie de 50% (NNT 240), pour infection respiratoire inférieure de 30%
(NNT 97); il diminue également la mortalité de 50% (NNT 214) ![]()
24, 25.
Le vaccin diminue l'absentéisme pour le personnel de santé ![]()
![]()
26. Pratiqué
chez les employés, il diminue la mortalité des résidents dans les maisons de
retraite ![]()
![]()
27.
PNEUMOCOQUE
La vaccination contre le pneumocoque diminue de 50% l'incidence de la pneumonie
à pneumocoques ![]()
![]()
28, 29
(NNT 250), mais pas l'incidence globale des pneumonies; elle n'a pas
d'influence clairement démontrée sur la mortalité. Elle est bien tolérée, et
devrait être proposée aux personnes qui supporteraient mal une pneumonie à pneumocoques.
On considère par analogie à d'autres vaccins que les patients devraient être
revaccinés tous les 5 ans
30.
Une étude récente, qui met en évidence que les fumeurs sont à risque très élevé
de complications lors d'atteinte à pneumocoque, remet en question les données
accumulées sur le bénéfice de la vaccination dans ce groupe de patients ![]()
31. La surveillance
des souches responsables d'atteinte invasive en Suisse montre que le vaccin
23-valent couvre 92,4% des souches, alors que le vaccin 7-valent n'en couvre
que 56,4% ![]()
![]()
32.
ROUGEOLE
Affection hautement contagieuse (pratiquement 100% de transmission), la rougeole
entraîne entre 20 et 100 cas de mortalité / 100 000 cas (surtout après 15 ans),
et touche entre 3 et 10% des enfants (Angleterre 1996). Elle est responsable
d'un million de mort dans le monde par année
33. Le vaccin
est bien supporté: anaphylaxie (1/20 000 - 1/1 000 000), thrombocytopénie (1/30
000 - 1/40 000), avec quelques décès sur vaccination d'enfants immunodéficients.
Il n'existe actuellement pas de preuve de l'existence d'une encéphalite post-vaccinale,
alors que l'encéphalite touche entre 3 et 20 personnes / million de la rougeole
"sauvage"
34.
Le problème de la vaccination, malgré les objectifs de la collectivité (OMS)
qui espère éradiquer cette maladie
35, est que
les individus peu à risque refusent souvent la vaccination par peur d'hypothétiques
effets secondaires. Une épidémie récente (aux Pays-Bas, 2451 cas) s'est accompagnée
de 0,1% de mortalité, 0,2% d'encéphalite, 16,9% de complications diverses (pneumonies,
hospitalisations). Elle a touché une population particulière, celle qui avait
refusé toute vaccination
37.......
Un rappel avant 12 ans est actuellement recommandé
36, en raison
de la fréquence de non-réponse après une seule injection.
6. Le patient se nourrit-il correctement?
Abus de graisses en particulier d'origine animale?
Absorption régulière de fruits et de légumes? (2 fruits et 2 légumes/jour)
Consommation régulière de poisson? (3 x/semaine)
Consommation régulière de produits laitiers? (3 x/jour)
Consommation régulière de farineux? (3 x/jour)
PRISE EN CHARGE
• Proposer au minimum deux fruits et deux légumes chaque jour.
• Manger de la viande au maximum trois fois par semaine.
• Si possible, consommer du poisson deux fois par semaine.
• Absorber trois produits laitiers par jour (calcium), spécialement chez les
femmes (augmenter à quatre par jour chez les femmes enceintes ou qui allaitent).
Remarques:la consommation modérée d'alcool (entre un verre par
semaine et deux verres par jour) diminue le risque de maladie coronarienne et
celui d'accident vasculaire cérébral ![]()
![]()
38
(NNT 488). Un à 7 verres d'alcool par semaine diminue aussi la mortalité globale
![]()
![]()
39
(NNT 111).
La consommation de céréales complètes pendant 10 ans pourrait diminuer
la fréquence d'infarctus ![]()
40 (NNT 148).
Un régime riche en fibres pendant 6 ans diminue de 41% le risque d'infarctus
du myocarde chez des hommes de 40 à 75 ans ![]()
41 (NNT 145).
Des suppléments de fibres ne protègent pas de la récidive d'adénomes du colon
![]()
42.
Une consommation importante de fruits et de légumes pendant 8 à 14 ans
diminue de 30% le risque d'accident vasculaire cérébral ![]()
43 (NNT 290).
Des suppléments de folates pendant 15 ans diminuent l'incidence du cancer du
colon ![]()
![]()
44 (NNT188).
Après un infarctus, un régime méditerranéen [riche en acide alpha-linolénique
(huile d'olive)] pendant 27 mois permet une diminution de 72% des événements
cardiovasculaires ![]()
![]()
45 (NNT 7).
Toujours en prévention secondaire, plusieurs études ont démontré l'utilité d'un
régime pauvre en cholestérol (100-120 mg/j) ou très pauvre [(végétarien)
5 mg/j] sur l'évolution de sténoses coronariennes. Les lésions (démontrées par
coronarographie) diminuent sous régime et augmentent dans le groupe contrôle
![]()
![]()
46, 47.
7. Le patient boit-il de l'alcool de manière exagérée?
Vous pouvez suspecter ce type de comportement en fonction du status (fœtor,
érythème palmaire, angiomes stellaires) ou en fonction des antécédents du patient.
Au moindre doute, il est certainement utile de poser au moins les quatre questions
du test ACME (CAGE en anglais 48).
"Arrêter": Avez-vous déjà ressenti le besoin d'arrêter de boire des boissons
alcoolisées?
"Coupable": Vous êtes-vous déjà senti coupable au sujet de votre consommation
d'alcool?
"Matin": Avez-vous déjà bu de l'alcool le matin pour mieux vous réveiller?
"Ennuyé": Avez-vous déjà été ennuyé par des critiques de votre entourage concernant
votre consommation d'alcool?
Ces questions devraient être introduites dans une conversation anamnestique
et non pas être "administrées" comme un questionnaire.
L'attitude du médecin est fondamentale. Il ne doit pas être un juge, il ne doit
pas faire avouer quelque chose. Il doit constater et comprendre avec empathie.
Ce constat du problème constitue le premier pas du traitement et peut-être le
plus important.
Dans une clientèle de généraliste avec une prévalence d'alcoolisme de 20% (situation
habituelle dans nos régions), la probabilité qu'un patient soit alcoolique ![]()
49 (valeur
prédictive positive) est de:
• 60% si 1 réponse est positive;
• 79% si 2 réponses sont positives;
• 96% si 3 réponses sont positives;
• 99% si 4 réponses sont positives.
La probabilité qu'un patient ne soit pas alcoolique (valeur prédictive négative)
est:
• 99% si toutes les réponses sont négatives;
• 92% si une seule réponse est positive.
Ce questionnaire est également valable pour les femmes ![]()
![]()
50.
PRISE EN CHARGE DE LA DEPENDANCE A L'ALCOOL
L'anamnèse vous a éventuellement permis de poser un diagnostic d'alcoolisme.
Des conseils détaillés pour la prise en charge d'un patient alcoolique dépassent
le cadre de cet article.
Lorsque le diagnostic d'alcoolisme est retenu, il est utile de donner au patient
le temps de la réflexion avant de fixer les objectifs du programme thérapeutique.
On peut par exemple lui demander de faire une liste des avantages et des inconvénients
générés par sa consommation d'alcool. Le patient fait ce travail à domicile
et revient en discuter avec son médecin lors d'une consultation suivante. Il
est alors plus facile de fixer comme but l'abstinence d'alcool.
Les principes de base sont d'obtenir un contrat thérapeutique d'abstinence totale,
sans préciser d'emblée que c'est "pour toujours". Néanmoins, la durée d'un tel
contrat doit être fixée au départ pour un minimum de 2 ans afin d'obtenir un
apprentissage d'une vie sans alcool.
Le sevrage peut être pratiqué ambulatoirement, avec le soutien de benzodiazépines
[p. ex. oxazépam (Novoxapam(r), Serax(r), Zapex(r) (Can) - Seresta(r) (F) -
Oxaphas(r), Seresta(r) (B)] - 15 mg 8-10 cp/jour. Diminuer chaque jour la dose
de 20% de la première dose, afin d'éviter de donner plus de 5 à 6 jours de benzodiazépines.
Ajuster la dose en fonction de l'importance de l'alcoolisme et de l'utilisation
antérieure de benzodiazépines.
L'acamprosate [Campral(r) (CH), Campral(r) (F), Campral(r) (B)] améliore
le taux d'abstinents à 6-12 mois (NNT 9). Le bénéfice existe encore à 2 ans,
mais est moins élevé (NNT 45) ![]()
![]()
51, 52.
La naltrexone [Revia(r) (Can), Nalorex(r) (F), Nemexin(r) (CH)], antagoniste
des opiacés à 50 mg/j améliore également le nombre de patients abstinents à
court terme (mois) ![]()
![]()
53 (NNT 5).
Pour les deux médicaments, le succès dépend de la compliance des patients qui
n'est pas toujours facile à obtenir.
Pour les patients qui présentent de gros troubles de la personnalité, il peut
être parfois utile d'envisager une psychothérapie qui doit avoir comme
but d'aider le patient à vivre sans alcool, et non pas de trouver une cause
à sa dépendance. Dans la majorité des cas, ce type de prise en charge n'est
pas nécessaire.
En dehors des consultations régulièrement programmées par le médecin traitant,
il peut être utile de faire appel aux groupes d'entraide comme les "Alcooliques
anonymes".
Une approche intéressante consiste à utiliser une thérapie de réseau
ou "network therapy", en incluant les proches du patient
54. Il ne
s'agit pas d'une thérapie de groupe ou de famille. L'idée est de simplement
négocier avec le patient et les proches que ces derniers fonctionnent comme
témoins, sans chercher à garder le patient dans le "droit chemin". Il est convenu
qu'ils prennent simplement note des écarts éventuels et de la non-observance
du traitement et en font part au médecin.
8. La sexualité
du patient représente-t-elle un risque infectieux?
L'orientation sexuelle du patient ainsi que le nombre de ses partenaires méritent
d'être précisés. Ce sujet, parfois délicat, est fréquemment négligé par les
médecins, alors qu'il permet l'instauration d'un dialogue souvent efficace sur
les mesures de prévention.
Remarque:le risque estimé chez un jeune homosexuel américain de contracter
le VIH pendant sa vie est estimé à 50%. L'augmentation du nombre de patients
hétérosexuels présentant un SIDA dépasse en chiffre relatif (9% vs 2%) celle
des patients homosexuels.
Informer le patient sur les facteurs de risque liés à sa sexualité. Personnaliser
l'information fournie (homosexuels, hétérosexuels, types de rapport: oraux,
anaux). Insister sur le fait qu'il n'existe pas de situation "sûre" (l'hétérosexualité
est souvent considérée à tort comme non dangereuse) et sur l'importance de l'utilisation
systématique du préservatif.
9. Existe-t-il un problème potentiel d'ostéoporose?
Le problème de l'ostéoporose, ce sont les fractures, en particulier les fractures
de hanche, qui peuvent sonner le glas d'une vie indépendante. Le but de la prévention
est donc d'éviter ces fractures et d'identifier les personnes à risque chez
qui un traitement médicamenteux se justifie.
Vous devez vous poser les questions suivantes:
1. Ma patiente prend-elle une substitution hormonale?
Si votre patiente est actuellement sous substitution hormonale post-ménopause,
vous n'avez pas de questions à vous poser ni d'interventions supplémentaires
à envisager. Une minéralométrie en particulier n'a pas de sens dans cette situation.
Si votre patiente ne veut ou ne peut pas prendre de substitution hormonale,
il faut évaluer si vous devez intervenir chez votre patiente d'une autre manière:
2. Est-elle institutionnalisée?
Si votre patiente vit dans une pension, qu'elle ne sort pas ou qu'elle est le
plus souvent dans un fauteuil, elle correspond au collectif dans lequel on a
démontré l'utilité de suppléments de calcium et de vitamine D. Une étude a montré
que 1,2 g de calcium avec 800 UI de vitamine D pendant 18 mois chez des personnes
de plus de 70 ans institutionnalisées diminue les fractures du col du fémur
de 43% (NNT 48) et des fractures non vertébrales de 32% (NNT 26) ![]()
![]()
55. Chez des
personnes non institutionnalisées, cet avantage n'a pas été retrouvé (population
moins déficiente en calcium et vitamine D?).
3. Quel est le risque de fracture
La première réaction actuellement est de demander une minéralométrie. Ceci pose
deux problèmes:
- le remboursement de l'acte est souvent incomplet;
- des études prospectives ont permis de démontrer que la valeur de densitése
n'est pas le seul facteur déterminant. D'autres facteurs non osseux sont tout
aussi importants.
Il est possible de prédire les personnes à risque de fracture sur ostéoporose.
Une étude a permis, avec quelques éléments anamnestiques et cliniques, de classer
les patientes dans des catégories de risque très différentes. L'étude présentée
ci-dessous a suivi 9'516 femmes de 65 ans ou plus, prospectivement, pendant
en moyenne 4,1 ans.
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Eléments du score clinique de risque de fracture de la hanche |
||
|
Eléments non modifiables |
Nombre points |
|
|
Anamnèse familiale |
Histoire maternelle de fracture du col du fémur |
|
|
Antécédents |
Antécédents de fracture entre l’âge de 50 ans et ce jour |
|
|
Antécédents d’hyperthyroïdie |
||
|
Age et état général |
Age de plus de 80 ans |
|
|
Mauvais état de santé |
||
|
Poids, taille, pouls |
Poids actuel < poids à l’âge de 25 ans |
|
|
Taille à l’âge de 25 ans > 168 cm |
||
|
Pouls repos > 80/min |
||
|
Eléments modifiables |
||
|
Médicaments |
Prise de médicaments anti-convulsivants |
|
|
Prise de benzodiazépines à longue action (plus de 24 h) |
||
|
Plus de 2 tasses de café par jour |
||
|
Mobilité |
Ne fait pas d’exercice de marche |
|
|
Moins de 4 heures par jour en position debout |
||
|
Impossible de se lever d’une chaise sans l’appui des bras |
||
|
Vision |
Mauvaise vision de la profondeur |
|
|
|
Mauvais vision pour les contrastes |
|
Tableau
2: scores cliniques pour évaluer le risque de fracture de la hanche ![]()
![]()
56.
Vous comptez un point pour chaque réponse positive à un de ces items. Dans le
collectif étudié, 15% seulement des femmes de plus de 65 ans sont dans la catégorie
>5 critères.
|
Score clinique |
Densité calcaneum |
Risque de fracture/1000/an |
NNT oestrogènes |
NNT alendronate |
|
0-2 |
Elevée |
1,1 |
1567 |
2020 |
|
0-2 |
Moyenne |
1,1 |
1567 |
2020 |
|
0-2 |
Basse |
2,6 |
663 |
854 |
|
3-4 |
Elevée |
1,9 |
907 |
1169 |
|
3-4 |
Moyenne |
5,6 |
307 |
396 |
|
3-4 |
Basse |
4,0 |
431 |
555 |
|
>5 |
Elevée |
9,4 |
236 |
183 |
|
>5 |
Moyenne |
14,7 |
117 |
151 |
|
>5 |
Basse |
27,3 |
63 |
81 |
Tableau
3: évaluation du risque de fracture de la hanche en fonction du score clinique
(voir ci-dessus) et des résultats de la densitométrie ![]()
![]()
59
En fait, ce tableau permet de voir clairement que la densité du calcaneum (mesurée
par x-ray absorptiométrie) n'est pas le seul facteur prédictif de fracture.
Dans la catégorie de densité basse (défavorable), on a des risques de fracture
qui vont de 2,6 à 27,3/1000.
Sur la base de cette évaluation du risque de fracture, on peut calculer le NNT,
considérant une réduction du risque de 58% par les œstrogènes ![]()
![]()
57
et de 45% par l'alendronate ![]()
![]()
58
Dans la catégorie de densité basse (défavorable), on a des risques de fracture
qui vont de 2,6 à 27,3/1000, avec des NNT (alendronate) correspondants très
différents de 81 à 854. Cette étude figure comme exemple.
Il faudrait probablement avoir la même étude avec les mesures de
densité vertébrale et non pas du calcaneum. Cependant, le raisonnement
serait exactement le même. Le bénéfice serait plus facile
à obtenir (moins de personnes à traiter pour éviter une
fracture) si on considère TOUTES les fractures sur ostéoporose
(y compris les fractures du poignet), mais le bénéfice réel
reste discutable, car doit-on prendre un traitement médicamenteux toute
sa vie pour éviter une fracture du poignet ?
Après l'anamnèse (et quelques points rapides de l'examen physique),
vous devriez pouvoir calculer le score de votre patient.
- Dans tous les cas, il est utile de travailler sur les facteurs de risques
modifiables (p. ex. corriger les problèmes de vue, mobiliser la patiente, arrêter
des médicaments, diminuer la consommation de caféine.
- Si ce score est plus petit que 5, on pourrait considérer que le risque de
fracture ne justifie pas les contraintes d'un traitement médical, ne pas faire
de minéralométrie et ne pas donner de médicament.
- Dans les cas limites, faire une minéralométrie pour mieux évaluer le risque.
En fonction de l'appréciation de ce qu'est un risque acceptable et de l'obligation
de devoir prendre un médicament quotidiennement, vous pouvez discuter avec votre
patiente de l'opportunité du traitement. Il existe des tables qui permettent
d'évaluer le risque de fracture en fonction de la densité. Il
n'existe pas de limites 'magique' au-dessus de laquelle on est en sécurité.
Le risque augmente progressivement au fur et à mesure que la densité
est plus basse.
Ostéoporose, résultats de l'évaluation clinique: vos décisions
1. Ne rien faire (évaluation du rapport risque/bénéfice selon le NNT). Même
avec une densité osseuse basse, les personnes avec un score clinique <3 (tableau
3) ne sont probablement pas à risque suffisant pour envisager un traitement.
Il faudrait donner de l'alendronate à 854 personnes chaque année pour
éviter une fracture de la hanche. On pourrait donc se passer de minéralométrie
chez ce groupe de patientes.
2. Travailler sur les facteurs de risques. Il faut agir dans tous les cas sur
les facteurs de risque modifiables (vue, mobilisation, poids, prise de médicaments)
et sur les risques de chute
60.
3. Demander une minéralométrie dans les cas limites, après discussion avec votre
patient. Il va de soi qu'il est absolument inutile de demander cet examen si
votre patiente ne veut pas prendre de toute manière ni substitution œstrogénique
ni alendronate.
4. Donner un traitement d'emblée, sans faire de minéralométrie.
Résumé des évidences actuelles concernant l'ostéoporose
www.ahrq.gov/clinic/3rduspstf/osteoporosis/osteosumm1.htm#contents
Traitement de l'ostéoporose
SUBSTITUTION HORMONALE POST-MENOPAUSE?
Pour l'ostéoporose, le traitement devrait
être poursuivi (probablement) indéfiniment![]()
61. Il est
curieux de constater qu'il n'existe qu'il existe que très peu de bonnes
études avec comme endpoint l'apparition de nouvelles fractures.
Chez 75 femmes ménopausées, avec une ou plusieurs fractures vertébrales (groupe
à haut risque par définition), 1 an de substitution permet une diminution des
fractures vertébrales de 58% ![]()
![]()
62 (NNT 8).
Le NNT favorable est à considérer dans le contexte d'un risque
de nouvelles fractures très élevé (patiente avec déjà
des fractures).
Certains pensent que de tout manière, les femmes devraient recevoir ce
traitement pour d'autres raisons:
La substitution hormonale est très efficace contre les symptômes
de la ménopause
64.
Ces symptômes disparaissent en général spontanément en moins de 5 ans, ce qui
rend le traitement pour cette indication temporaire.
Le bénéfice (jusqu'alors non discuté) d'une substitution pour la prévention
primaire des maladies cardiovasculaires
vient d'être remis en question par une étude randomisée contrôlée HERS, qui
ne montre aucun effet positif dans un contexte de prévention secondaire
![]()
![]()
65. La substitution
hormonale augmenterait même de 52% le risque d'infarctus non mortels pendant
la première année de traitement dans le groupe traité. Cette étude a montré
de plus une augmentation significative des événements thrombo-emboliques dans
le groupe traité. Il "suffit" de traiter 62 femmes pendant 4 ans pour causer
un accident de ce type ![]()
![]()
66 NNH 62
(NNH = Number Needed to Harm, nombre de patients à traiter pour causer un accident
de ce genre). Voir ci-dessous, l'étude "women health initiative".
Points négatifs: Les œstrogènes utilisés seuls chez les femmes non hysterectomisées
augmentent l'incidence d'hyperplasie adénomateuse de l'endomètre
(35% versus 1% pour le placebo) ![]()
![]()
69. L'utilisation
de progestatifs supprime cet inconvénient. La prise d'œstrogènes augmente également
le risque de cancer du sein de 2,3% par
année de traitement ![]()
70, pour 10
ans de traitement NNH 167 (il suffirait de "traiter" 167 femmes pendant 10 ans
pour provoquer un cancer supplémentaire).
Le risque de maladie thrombo-embolique est
multiplié par 3, ce qui pose problème puisque la fréquence
de ce type de problème chez une femme de 60 ans est 10 fois plus importante
qu'à 20 ans ![]()
![]()
177
L'étude "women's
health initiative" vient d'être arrêtée prématurément
en raison de l'augmentation des événements défavorables
dans le groupe traité par rapport au groupe placebo. Par rapport au placebo,
sur 10'000 femmes sous traitement (0.625mg d'oestrogène conjugué
et 2.5mg d'acétate de médroxyprogestérone), chaque année,
on aura un excès de 7 infarctus, 8 cancer du sein, 18 événement
thrombo-embolique. Le bénéfice sera que 6 femmes éviteront
un cancer du colon et 5 une fracture de hanche ![]()
![]()
180.
Ce traitement doit donc être discuté de cas en cas, en fonction
des bénéfices et des risques.
CALCIUM
L'effet des suppléments de calcium et de vitamine D n'est probablement utile
que chez les personnes qui souffrent d'une carence alimentaire et qui ne sont
pas exposées au soleil. Dans des institutions, 1,2 g de calcium avec 800 UI
de vitamine D pendant 18 mois diminue chez des personnes de plus de 70 ans les
fractures du col du fémur de 43% (NNT 48) et des fractures non vertébrales de
32% (NNT 26) ![]()
![]()
71. Chez des
personnes non institutionnalisées, cet avantage n'a pas été retrouvé dans plusieurs
autres études (population moins déficiente en soleil, calcium et vitamine D?).
L'ALENDRONATE [Fosamax(r) (CH-B-CAN)]
Donné 36 mois à des patients souffrant déjà de fractures vertébrales (à haut
risque), ce médicament diminue de 45% (NNT 35) le risque de fracture vertébrale
clinique (symptomatique), de 49% (NNT 86) le risque de fracture de hanche ![]()
![]()
72. Le NNT
très favorable s'explique par la probabilité élevée de récidive dans ce collectif
très particulier de patients ayant déjà souffert d'une fracture. Pour d'autres
catégories de risque, on doit parfois traiter plus de 2000 femmes pour éviter
une fracture (NNT >2000). On considère qu'un NNT > 50 a un mauvais rapport coût/bénéfice.
Si on accepte ce chiffre (totalement subjectif), il ne faudrait donner un traitement
d'alendronate qu'aux personnes ayant déjà souffert d'une fracture vertébrale.
LE RALOXIFEN [Evista(r) (B-CAN-CH-F)]
C'est un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes. Sur 6828 femmes
post-ménopausiques ostéoporotiques (densitométrie), mais sans fractures vertébrales,
suivies 36 mois, 69 mg de ralosigen/j versus placebo permettent de diminuer
de 35% (NNT 29) l'incidence des fractures vertébrales (6,6% versus 10,1%). Pas
d'incidence sur les fractures non vertébrales ![]()
![]()
73.
10. Informations peu ou pas utiles dans l'anamnèse:
Existe-t-il des troubles mnésiques (personnes âgées)?
Dans la plupart des cas, ce sont les patients ou leur famille qui posent cette
question, angoissés à l'idée d'une maladie d'Alzheimer débutante. Entre 65 ans
et 85 ans, l'incidence de cette affection passe de 3 à 47%
74. L'intérêt
d'un diagnostic précoce est limité par le peu d'efficacité réel des médicaments
dans la vie de tous les jours. L'autonomie des patients n'est pas améliorée
de manière sensible, la dégradation des fonctions cognitives n'est au mieux
retardée que de quelques mois ![]()
![]()
75. En revanche,
il est important de mettre en place un soutien de l'entourage
76.
Existe-t-il des hémorragies sous-arachnoïdiennes (HSA) dans la famille?
Les familles au premier degré de patients ayant souffert d'HSA sont elles-mêmes
à risque de souffrir de cette affection. Une étude portant sur 193 patients
ayant souffert d'HSA semble démontrer que le bénéfice du dépistage de toute
la famille est discutable. On trouve 18 anévrysmes, qui sont opérés.
L'espérance de vie (calculée en fonction du risque connu dans la littérature
de mourrir d'un anévrysme) est augmentée de 0,9 année; ce bénéfice est
toutefois obtenu au prix de 19 années de fonction diminuée par personne opérée,
en raison de l'importance des complications postopératoires ![]()
77, 78.
L'EXAMEN CLINIQUE DU CHECK-UP
L'examen physique n'a qu'un faible rendement dans le contexte d'un bilan de
santé
Les conférences de consensus ne proposent que le dépistage de l'hypertension
artérielle. Il est cependant probablement utile, même si le bénéfice n'est pas
prouvé, d'examiner attentivement le patient pour rechercher:
- une hypertension artérielle (bénéfice prouvé);
- des ganglions (lymphome?);
- des facteurs de risque pour le cancer de la peau (grains de beauté?);
- une dysplasie muqueuse dans la cavité orale (précancérose?);
- des affections dentaires (gingivite?, éducation au brossage des dents);
- des nodules au niveau des seins (dépistage du cancer du sein);-un souffle
cardiaque (prophylaxie antibiotique?);
- un anévrisme abdominal (chez les patients de plus de 60 ans, si l'aorte est
palpable, pratiquer une échographie; si l'aorte a un diamètre de plus de 3 cm,
demander un avis spécialisé); L'utilisation systématique d'échographie
(suivi annuel des patients avec un anévrysme de plus de 3 cm) n'a pas
changé la mortalité globale, mais réduit la mortalité
spécifique. ![]()
78a
- une anomalie testiculaire (sémino-tératome chez les moins de 35 ans?, si palpation
pathologique, pratiquer une échographie des testicules et demander un avis spécialisé).
Remarques: la tension artérielle humérale est prise assis, après
15 minutes de repos. L'utilité du profil tensionnel pour poser un diagnostic
d'hypertension reste très discutée en l'absence de données à large échelle sur
la relation entre les valeurs obtenues et les conséquences cardiovasculaires.
En cas de valeurs pathologiques, demander au patient de revenir à plusieurs
reprises se faire prendre la tension. L'urgence de traiter une hypertension
est relative, en rapport avec des signes de gravité (angor, dyspnée, céphalées,
état confusionnel). En cas de doute, faire un fond d'œil, un œdème de la papille
signe une encéphalopathie hypertensive et motive une admission en urgence à
l'hôpital.
L'intérêt d'une mesure de la TAH continue pendant 24 h (profil tensionnel) n'est
pas encore établi en l'absence de données épidémiologiques suffisantes sur le
rapport entre cet examen et une augmentation de la morbidité ou de la mortalité
cardiovasculaire. Nous proposons cet examen dans les cas où un effet "blouse
blanche" est fortement suspecté. La TA prise à domicile par le patient est souvent
très utile.
L'auscultation cardiaque chez des jeunes sportifs, peut amener à proposer
une échographie. Une étude italienne a démontré le bénéfice d'exclure de la
compétition les patients souffrant de cardiomyopathie hypertrophique afin de
limiter le risque de mort subite liée à l'exercice ![]()
79. Le bénéfice
de prescrire une prophylaxie antibiotique chez des patients avec valvulopathie
n'a jamais été démontré par des études prospectives. Des données rétrospectives
sérieuses mettent en doute l'utilité de prendre ce type de précaution avant
traitement dentaire par exemple
80. Il n'est
donc pas certain que la découverte d'un souffle chez une personne non sportive
asymptomatique doive systématiquement faire l'objet d'une échographie.
Le dépistage du cancer de la prostate reste très discuté
81.
Les recommandations sont actuellement d'en parler avec votre patient ![]()
![]()
82, 83,
84 avant de
faire un toucher rectal ou un dosage de la PSA.
Le bénéfice d'un traitement précoce (prostatectomie, irradiation) n'est pas
définitivement établi. Une récente étude parue dans
le NEJM en septembre 2002 donne des arguments pour et contre le dépistage.
En effet, dans cette étude randomisée, sur 6.2 ans de suivi, la
survie globale n'est pas différente entre les patients opérés
et ceux qui n'ont reçu aucun traitement. Par contre, la mortalité
spécifique due au cancer de la prostate est diminuée de 50% (CI
27-91%). On pourrait conclure qu'on meure avec un cancer de la prostate
mais pas suite à un cancer de la prostate. Les partisants du dépistage
estiment que 6.2 ans de suivis ne sont pas suffisants, et qu'à plus long
terme, la mortalité totale pourrait être différente ![]()
![]()
93bis.
Les effets secondaires de ces traitements sont en revanche bien connus, 1-5%
de mortalité, 5-50% d'incontinence
91, 50-90%
d'impuissance ![]()
92. La radiothérapie
provoque un peu moins de ces inconvénients, mais s'accompagne fréquemment d'une
rectite. Il est à noter que des études chez des patients opérés
versus suivis sans traitement, la qualité de vie n'est pas aussi différente
qu'on pourrait le croire.
La chirurgie laparoscopique doit être pratiquée par des chirurgiens
expérimentés. Une courbe d'apprentissage a été clairement
démontrée pour cette technique difficile. Il est possible (mais
pas démontré) que cette technique puisse diminuer l'incidence
de l'incontinence et de l'impuissance.
Il est donc actuellement déconseillé de pratiquer un dépistage de masse. Lors
du diagnostic dans un contexte de screening, 79% des patients acceptent une
prostatectomie radicale, ce qui pourrait sous-entendre soit qu'il est difficile
de ne pas opérer une fois qu'on connaît le diagnostic, soit que les patients
n'étaient pas bien informés des limites et des incertitudes d'une approche agressive
93.
Des grandes études sont en cours pour mieux évaluer les avantages
et les limites d'un dépistage systématique 93ter.
LES EXAMENS
PARACLINIQUES DU CHECK-UP
Le bilan sanguin
Nous ne proposons
que 2 dosages; l'utilité dans le cadre d'un
check-up d'autres examens sanguins chez un patient asymptomatique n'a pas été
démontrée.
a) Cholestérol total
à contrôler tous les 5 ans.
Pas besoin d'être à jeun pour le dosage. Doser également le HDL cholestérol
si le cholestérol total est de plus de 6,5 mmol/l ou si le patient présente
déjà une affection cardiovasculaire ou des facteurs de risque cardiovasculaires.
b) Glycémie à jeun
selon l'American Diabetes Association (ADA)
94, ce dosage
doit être pratiqué tous les 3 ans chez toutes les personnes âgées de plus de
45 ans. Le dosage sera effectué plus tôt et plus souvent si:
- le patient est obèse (>= 120% du poids idéal ou BMI 94>=
27);
- en cas de parent au 1er degré diabétique;
- le patient appartient à un groupe ethnique à risque (afro-américain, hispano-américain,
indiens d'Amérique);
- en cas d'anamnèse de diabète gestationnel ou d'enfant macrosome (> 4,5 kg);
- en présence d'une hypertension (plus de 140/90);
- en cas d'HDL cholestérol < 0,9 mmol/l (35 mg/dl) ou de triglycérides > 2,8
mmol/l (250 mg/dl);
- en cas d'anamnèse d'intolérance au glucose.
Remarques: le dosage des transaminases n'est pas recommandé en
routine en raison de son faible rendement. Une étude sur 19877 soldats de l'US
Air force n'a permis de détecter que 8 hépatites chroniques. Nous ne recommandons
ce dosage que pour les patients qui ont une anamnèse à risque (transfusions,
injections, tatouages et sexualité à risque). En plus de détecter une éventuelle
atteinte hépatique, le dosage des transamines a le mérite de sensibiliser les
patients au risque encouru lors de pratiques à risques.
Certains auteurs estiment qu'il est plus simple d'utiliser l'hémoglobine
glyquée (l'HbA1c) pour le dépistage du diabète, en utilisant une valeur
seuil de 7%
96.
Ce test n'est pas très sensible puisqu'il manque 40% des diagnostics. Cependant,
les arguments des promoteurs de cette stratégie de dépistage se basent sur le
fait que de toute manière, on ne traitera pas un diabétique avec une HbA1c <
7%. Il faut cependant considérer que les prises en charge non médicamenteuses
sont importantes dès les premiers stades du diabète, et que le diagnostic de
diabète change l'attitude par rapport aux autres facteurs de risque. Pour ces
raisons, nous pensons que le dosage de l'HbA1c ne doit pas faire partie de l'arsenal
du dépistage du diabète.
Alcoolisme: certains médecins utilisent des tests biologiques pour dépister
un alcoolisme. Ces tests ont cependant des limites importantes. En pratique,
il vaut mieux se baser pour le dépistage sur l'anamnèse (test ACME).
|
Mesure |
Sensibilité |
Spécificité |
|
Dosage de la CDT |
36-80% |
85-98% |
|
Dosage de la Gamma-Gt |
80% |
88% |
|
Mesure du MCV (volume globulaire moyen) |
45% |
92% |
Tableau
4: performances de différents tests biologiques pour le diagnostic d'alcoolisme.
Il faut considérer avec prudence les résultats de ces tests ![]()
97. Avec une
probabilité d'alcoolisme de 20%, un MCV élevé fait passer la probabilité d'alcoolisme
de 20% à 58%. Si le MCV est normal, la probabilité est encore de 13%.
Dans la situation d'une alcoolisation aiguë, la probabilité d'un alcoolisme
chronique sera beaucoup plus élevée que 20%. Un test anormal permet alors, dans
cette situation, pratiquement d'affirmer la présence d'une maladie alcoolique.
Prostate: On ne sait encore pas actuellement clairement si tous les patients
vont vraiment "bénéficier" d'un diagnostic précoce.
Le dosage de la PSA est normal dans 30-40% des cancers localisés de la prostate.
Une hyperplasie bénigne s'accompagne d'une élévation de 0.3 ng/ml par gramme
de tissu, ce qui entraîne une élévation de la PSA au-dessus de la norme (15
ng/ml) pour une prostate évaluée à 50 gm. En utilisant le rapport PSA libre/PSA
totale (avec une limite à 0,20) on observe une diminution du nombre de faux
diagnostics de 8% à 3%, mais le diagnostic de cancer est manqué une fois sur
six ![]()
98. Voir ci-dessus
les arguments pour ou contre un dépistage du cancer de la prostate.
Hémochromatose: Maladie autosomique récessive. Dans les pays européens
(Ouest et Nord), la prévalence de l'atteinte homozygote est estimée entre 1/200
99
à 0,3/1000 ![]()
100. Environ
20-30% de ces patients souffriront de surcharge en fer. Un dosage de la saturation
en transferrine après 30 ans pourrait être utile en fonction de la prévalence
de cette affection. Une valeur de >60% suggère fortement le diagnostic.
Les parents de patients souffrant d'hémochromatose devraient être testés directement
par analyse génétique
101
[80-100% des patients ont une mutation C282Y (cystéine changée en tyrosine)].
Les examens paracliniques
L'électrocardiogramme de repos
C'est un examen d'une utilité discutable. On pourrait le justifier si le patient
n'en a jamais eu auparavant et s'il présente plus de deux facteurs de risque
cardiovasculaire. L'ECG serait utile pour évaluer le risque cardiovasculaire,
selon l'étude de Framingham qui inclut l'hypertrophie ventriculaire gauche électrocardiographique
dans les facteurs permettant de mesurer ce risque; d'autre part, on disposerait
d'un comparatif en cas de problèmes par la suite.
Remarques: le test d'effort est inutile dans un contexte de
check-up chez un patient asymptomatique. Sa principale utilité est de rassurer
un patient anxieux, par exemple à la suite de la mort subite d'un proche. Un
test d'effort tous les 5 ans pourrait se justifier chez un conducteur de collectivité
(avion, bus). La valeur prédictive négative d'accidents coronariens est relativement
bonne si le test d'effort est négatif cliniquement et électrocardiographiquement
et si le test d'effort est maximal (fréquence maximale pour
l'âge atteinte) ![]()
![]()
102,
103. VOIR "DOCTEUR, J'AI DES DOULEURS
DANS LA POITRINE", DANS DOCTEUR, J'AI..... 2E EDITION.
La radiographie du thorax
Lorsque votre patient est asymptomatique, l'absence d'utilité de cet examen
dans la prévention du cancer bronchique a été démontrée par plusieurs grandes
études, et la plupart des associations médicales (American Thoracic Society)
déconseillent de le pratiquer.
Il est néanmoins probablement utile, même si cela n'est pas démontré, d'avoir
une radiographie du thorax de base chez un tabagique chronique. Des recherches
sont en cours pour évaluer l'intérêt d'une scanographie thoracique annuelle
(CT hélicoïdal, sans contraste, à "faible" irradiation) chez les fumeurs
104.
Les fonctions pulmonaires
Si plus de 10 UPS (10 UPA = 1 paquet par jour pendant 10 ans ou 2 paquets par
jour pendant 5 ans).
Un fumeur sur cinq à dix détruit ses poumons. En général, après 10 UPA, il est
possible d'identifier les patiens qui seront atteints. On sait que les fumeurs
perdent en moyenne 100 à 130 ml de VEMS chaque année. Si on ne fume pas, la
chute "naturelle" du VEMS est de 20 à 30 ml par année. La mise en évidence d'une
atteinte fonctionnelle asymptomatique permet de mieux motiver les patients à
arrêter de fumer.
La coloscopie
Deux situations possibles
- Pour les patients sans autre facteur de risque
que l'âge
-
Vous avez identifié à l'anamnèse des patients à haut risque de développer un
cancer colique
Le cancer colorectal est la seconde cause de mortalité par maladie tumorale
chez l'homme et la femme
105.
C'est une des rares tumeurs qui peut être prévenue par un dépistage.
Le dépistage par coloscopie doit s'adresser aux patients à risque en fonction
d'une anamnèse familiale ou d'antécédents personnels ou simplement en raison
de leur âge
106,
107, 108,
109.
Pour les patients sans autre facteur de risque que l'âge
Ce groupe comprend la majorité des patients de plus de 50 ans qui sont asymptomatiques
et sans facteurs de risque.
EXAMEN DE DEPISTAGE DE CHOIX COLOSCOPIE TOUS LES 10 ANS
La coloscopie pratiquée comme examen de dépistage n'a pas fait l'objet
d'études contrôlées randomisées, mais un faisceau d'arguments laisse penser
qu'elle représente actuellement l'examen de dépistage de choix car
- Les résultats d'études cas - contrôles
110, 111
effectués à partir de la sigmoïdoscopie (rigide) avec polypectomie
ont démontré une réduction de 60 à 70 % de la mortalité due au cancer colorectal.
- La coloscopie avec polypectomie pratiquée chez des patients à fort risque
d'adénomes a permis une réduction de l'incidence du cancer colorectal de 70
à 90%
112.
- La coloscopie de dépistage permet de mettre en évidence une prévalence d'adénomes
deux fois plus importante que celle détectée par la sigmoïdoscopie
113. Dans
plus de 50%, la coloscopie démontre des lésions qui ne seraient pas démontrées
par sigmoïdoscopie![]()
114.
- 40% environ des cancers colorectaux se développent en amont de l'angle splénique,
soit dans une zone inaccessible à la sigmoïdoscopie
115. De plus,
2/3 des patients avec cancer colorectal sont également porteurs de polypes situés
dans une zone sus-jacente à l'angle splénique.
- Bien que 60% des cancers apparaissent au niveau du côlon gauche, plusieurs
études ont démontré le déplacement au cours de ces 30 dernières années du cancer
colique dans des zones plus proximales
116, 117,
118.
La coloscopie pratiquée tous les 10 ans offre également d'autres avantages
- Protection durable par rapport aux autres moyens de dépistage chez la majorité
des patients, d'ou augmentation de l'acceptabilité.
- Méthode diagnostique et thérapeutique en une seule séance d'ou réduction des
coûts indirects.
- Examen généralement bien supporté comportant un minimum de risque majeur
119, 120
et un minimum de douleur grâce une sédation adéquate qui augmente
l'acceptabilité du geste
121,
122.
L'intervalle entre deux coloscopie n'a pas fait l'objet d'études spécifiques
mais est un élément important dans le calcul du coût-bénéfice du dépistage.
L'incidence du cancer colorectal à 5 ans après une coloscopie normale est de
0% et d'adénome avec dysplasie avancée < 1%![]()
123. Dans
une étude cas - contrôles, la sigmoïdoscopie semble offrir une sécurité de 10
ans ![]()
124. La coloscopie
tous les 10 ans semble donc offrir une garantie suffisante
126 avec
un rapport coût-efficacité parfaitement superposable à d'autres techniques de
dépistage (p. ex. cancer du sein ou du col)
127, 128.
Dans les régions où l'accès à l'endoscopie est plus difficile, on pourrait également
recommander une sigmoïdoscopie avec recherche de sang dans les selles à 50 ans
suivie d'une coloscopie (unique?) à 60 ans
129. Enfin,
compte tenu de l'augmentation de la prévalence des cancers colorectaux asymptomatiques
et des adénomes avec dysplasie entre 50 à 60 ans, la réalisation d'une coloscopie
unique à 60 ans pourrait également représenter une méthode de prévention raisonnable
130, 131.
EXAMENS DE DEPISTAGE ALTERNATIFS:
La sigmoïdoscopie tous les 5 ans avec recherche de sang annuel dans les
selles
Ce type de dépistage est actuellement recommandé dans les régions où la coloscopie
est difficile d'accès ou n'est pas remboursée comme examen de dépistage
132. La sigmoïdoscopie
avec polypectomie réduit la mortalité du cancer colorectal ![]()
133, 134.
Cependant ce type de surveillance malgré son coût primaire plus bas présente
des inconvénients importants:
- la préparation par lavement souvent insuffisante empêche la progression de
l'endoscope et la détection des polypes
135
- la sigmoïdoscopie, souvent douloureuse, amène le patient à renoncer à la coloscopie
par crainte de l'examen
Comme pour la coloscopie, l'intervalle entre deux sigmoïdoscopie reste incertain.
Un examen tous les 10 ans pourrait représenter également un intervalle acceptable
136.
Des études récentes montrent à nouveau qu'une sigmoïdoscopie par rapport à une
coloscopie manque pratiquement 50% des lésions significatives ![]()
112.
La recherche de sang dans les selles
Est la seule méthode de dépistage ayant fait l'objet d'études contrôlées randomisées.
La recherche de sang dans les selles suivie d'une coloscopie (et non d'un lavement
qui est un examen moins sensible![]()
137) en cas
de positivité permet la réduction de la mortalité du cancer colorectal dans
33%![]()
![]()
138 des cas
si le test est réhydraté et pratiqué annuellement et dans 15 à 18% des cas s'il
est pratiqué tous les deux ans et non réhydraté![]()
![]()
139, 140.
La recherche de sang dans les selles représente toutefois une technique avec
de nombreuses limites; certains auteurs se proposent de l'abandonner
141. La sensibilité
du test pratiqué à une seule reprise dans la détection du cancer colorectal
est de 33 à 50% des cas
142
et le diagnostic des adénomes, précurseurs des cancers, est médiocre
143.
Compte tenu de son manque
de sensibilité dans la détection essentiellement des polypes, le lavement
baryté en double contraste ne représente pas une technique de dépistage
adéquate
144,
145.
La coloscopie virtuelle (colographie par scanographie ou résonance magnétique
nucléaire)
Ces deux techniques évoluent rapidement. La sensibilité de cette technique pour
le dépistage des polypes de petite taille reste encore incertaine![]()
146, 147.
Pour l'heure, cette méthode ne peut pas encore être recommandée comme dépistage
car elle présente un rapport coût-efficacité nettement inférieur à la coloscopie
qui reste actuellement la seule technique diagnostique et thérapeutique
148.
Vous avez identifié à l'anamnèse des patients à haut risque
de développer un cancer colique
Il s'agit des patients présentant soit un risque familial très élevé de cancer
colorectal [1 à 2 % de tous les cancers colorectaux, à savoir polypose familiale
adénomateuse (familial adenomatous polyposis (FAP)] et cancer colorectal héréditaire
sans polypose [Lynch de type I et II (Hereditary non polyposis colorectal)]
soit un risque élevé de cancer colorectal (cancer avant 60 ans chez un patient
de premier degré).
En fonction des évidences discutées ci-dessus, nous proposons que ces patients
doivent avoir un dépistage du cancer colique selon les directives suivantes
149
|
Affections |
Endoscopie |
|
DE TYPE FAMILIAL |
|
|
Polypose familiale (adénomateuse) |
Sigmoïdoscopie annuelle dès l’âge de 10 à 12 ans ou coloscopie si polypes visualisés à la sigmoïdoscopie avec contrôle annuel jusqu’à l’âge de 40 ans. Dès l’apparition de polypes, discuter la colectomie Œso-gastro-duodénoscopie tous les 1 à 2 ans si présence de polypes coliques, pour dépister des polypes du grêle éventuellement associés. En cas de dépistage génétique, faire une endoscopie annuelle chez les patients positifs; tous les 3 ans chez les patients négatifs note a) |
|
Cancer colorectal héréditaire sans polypose (Lynch de type I et II) note b) |
Coloscopie bisannuelle dès l’âge de 20-25 ans, ou 5 à 10 ans avant l‘âge du diagnostic de cancer chez le plus jeune patient HNPCC atteint dans la famille 2 puis annuellement dès 40 ans |
|
Cancer colique chez de nombreux cas de proches parents de premier degré ou un cas isolé de cancer colorectal chez un proche parent de premier degré < 60 ans |
Coloscopie tous les 3 à 5 ans dès l’âge de 40 ans (où 10 ans avant l’âge d’apparition du cancer chez le parent) ou selon le risque personnel(si présence d’adénome avec dysplasie à la première coloscopie). |
|
DE TYPE PERSONNEL |
|
|
Rectocolite ulcéro-hémorragique |
Coloscopie tous les ans (sauf dysplasie) chez les patients avec une affection de plus de 10 ans d’évolution. |
|
Antécédents de cancer colorectal |
Coloscopie avant ou après l’opération puis tous les 3 à 5 ans. Pour les cancers rectosigmoïdiens, faire en plus une rectosigmoïdoscopie tous les 6 mois pendant 2 ans |
|
Urétérosigmoïdostomie |
Coloscopie 2 ans après l’opération |
|
|
|
|
SUIVI APRÈS POLYPECTOMIE COLORECTALE |
|
|
Adénome compliqué d’un carcinome |
Coloscopie à 3-6 mois et si résection complète à 1, 5 et 10 ans sauf signes ou symptômes d’alarme colique |
|
Adénome avec carcinome non réséqué complètement ou en présence de critères de mauvais pronostic (résection incomplète, envahissement de la muscularis mucosae, absence d’invasion lymphatique ou sanguine, haut degré de malignité, surtout chez un jeune patient sans risque opératoire) |
Chirurgie complémentaire |
|
Adénome avec
1 des critères suivants: |
Coloscopie à 3, 5 et 10 ans sauf signes ou symptômes d’alarme colique |
|
Adénome avec
1 des critères suivants: |
Coloscopie à 3- 6 mois et si confirmation d’une résection complète contrôle à 3, 5 et 10 ans sauf signes ou symptômes d’alarme colique |
|
Adénome tubulaire <1 cm et moins de 2 cm ou polype hyperplasique |
Pas de suivi nécessaire |
Tableau 5 indications à
une coloscopie en fonction des antécédents et autres facteurs de risques.
Remarques
note a) Le dépistage
de la polypose adénomateuse s'est simplifié grâce à la localisation et à l'identification
du gêne responsable sur le bras long du chromosome 5. La présence de la mutation
du gêne APC est identifiée chez 80% des patients de famille à risque. Dans les
cas où le risque familial est très important et que le test est négatif, il
faut pratiquer le suivi endoscopique habituel.
note b) Selon les critères
d'Amsterdam II
- trois sujets avec cancers associés à HNPCC (hereditary non polyposis colorectal
cancer) (cancers colorectal, endomètre, intestin grêle, appareil urinaire);
- un est apparenté au 1er degré des deux autres dans une même famille
- au moins un individu avec cancer diagnostiqué avant 50 ans
- polypose familiale exclue.
Le dépistage génétique est également disponible dans cette affection, mais la
sensibilité du test n'est que de 50%.
Chaque surveillance doit être individualisée en fonction des autres affections
du patient et de la probabilité de prolonger l'existence par le suivi endoscopique.
Minéralométrie
Avant de demander une minéralométrie, évaluer si la patiente est cliniquement
à risque (voir ci-dessus)
On peut prédire correctement une densité osseuse chez certaines patientes, simplement
en utilisant un autre score clinique (tableau 6,). Par ailleurs, cet examen
n'est pas toujours remboursé en Suisse.
|
Questions |
Comment faire le score |
Exemple |
Exemple de score |
|
Age |
3 x nombre des dizaines |
55 ans |
15 |
|
Race |
Africains (0) autres (5) |
Blanche |
5 |
|
Anamnèse d’arthrite rhumatoïde |
Si oui (4) |
Non |
0 |
|
Antécédents de fracture |
Si fracture hanche ou poignet ou costale (1) |
Non |
0 |
|
Anamnèse de prise d’œstrogènes |
Si non (1) |
Oui |
0 |
|
Poids |
45 kgs = (-10 points) enlever 1 point pour chaque 5 kg supplémentaire |
65 kgs |
-14 |
|
Score |
6 |
Tableau
6: éléments permettant une prédiction de la masse osseuse . Dans cet exemple,
score de < ou = 6 donc probabilité élevée de densité osseuse correcte, il
n'est pas nécessaire de faire une densitométrie. Si score > 6, sur ces 6
questions (âge, poids, race, histoire de fracture / arthrite rhumatoïde, œstrogène,
poids): 94% de sensibilité, 40% de spécificité ![]()
155.
Ceci veut dire que si on ne pratique pas de minéralométrie chez
les patientes avec un score < = 6, on ne manque que 6% des minéralométries
pathologiques. Par contre un score élevé ne veut pas automatiquement
dire une mauvaise densité osseuse (40% de spécificité).
Si vous n'avez
pas demandé d'examens, et que vous avez abordé tous les sujets ci-dessus, vous
n'avez pas besoin de revoir votre patient avant 5 ans. Si vous avez demandé
des examens, vous devez fixer un rendez-vous pour en parler avec votre patient.
Deuxième consultation
Vous allez passer en revue les résultats des examens que vous avez demandés:
Tension artérielle
La définition d'une tension artérielle humérale (TAH) normale est en rapport
avec le risque cardiovasculaire, contrairement à d'autres valeurs de laboratoire.
En effet, si on décide de fixer une TAH normale à 140/90 mmHg, 68% seulement
de la population américaine (par exemple) est "normale", alors que la définition
habituelle d'une valeur normale de laboratoire implique que 95% de la population
est "normale". En fait, la normalité est en rapport avec le seuil décisionnel
de traitement. Ce seuil est inévitablement fixé par le nombre de patients que
vous acceptez de traiter pour "rien" pour qu'un d'entre eux évite un problème
médical défini. Ceci découle directement du risque de la personne concerné et
de la réduction du risque obtenue par le traitement.
On considère ainsi que des valeurs élevées de tension artérielle augmentent
en particulier la probabilité des maladies coronariennes et celle des accidents
vasculaires cérébraux (AVC). Le risque de mortalité cardiovasculaire s'élève
progressivement, sans seuil. On considère que chaque élévation de 10 mmHg pour
la systolique et de 5 mmHg pour la diastolique augmente la mortalité de 28%
![]()
![]()
156. La diminution
de ces valeurs tensionnelles par le traitement diminue la fréquence de ces événements.
Des études à moyen terme (4 ou 5 ans) montrent que cette réduction est d'environ
40% pour les AVC et d'environ 16% pour les accidents coronariens (tableau p.
22). A plus long terme, les données issues de l'étude de Framingham semblent
démontrer un bénéfice plus important. Dans cette étude, les patients de 50-59
ans ont été suivis pendant 20 ans ![]()
![]()
157. Le traitement
de l'hypertension diminue la mortalité cardiovasculaire de manière importante,
aussi bien pour les hommes [de 28% à 13% avec le traitement (NNT 7)] que pour
les femmes [de 19% à 9% (NNT 10)].
|
Personnes concernées |
Type d’événement |
Réduction |
|
Population générale
et diastolique entre 90-104
|
AVC |
40% |
|
Personnes âgées
> 59 ans
|
AVC |
36% |
|
Méta-analyse <
59 ans et diastolique entre 90-115
|
AVC |
40% |
|
Méta-analyse <
59 ans et diastolique entre 90-115
|
Evénement coronarien |
16% |
|
Population générale
et diastolique entre 90-104
|
Evénement coronarien |
9% |
Tableau 7: effet d’un traitement médicamenteux
de l’hypertension sur la réduction des événements cardiovasculaires
et cérébraux.
Démontrer un effet ne suffit pas à poser une indication de traitement.
En effet, avec la même réduction du risque, le bénéfice
est beaucoup plus important (et le nombre de patients à traiter (NNT)
plus petit) lorsque le risque est élevé. Voir le tableau suivant.
|
Age |
Sexe |
TAH systolique |
Evénement concerné |
Risque |
Réduction |
NNT |
|
30 ans |
Masculin |
150 mmHg |
Evénement coronarien |
1,8% |
16% |
347 |
|
50 ans |
Masculin |
150 mmHg |
Evénement coronarien |
9,6% |
16% |
65 |
|
75 ans |
Masculin |
150 mmHg |
Evénement coronarien |
23,8% |
16% |
26 |
|
30 ans |
Masculin |
150 mmHg |
AVC |
0,3% |
40% |
806 |
|
50 ans |
Masculin |
150 mmHg |
AVC |
1,9% |
40% |
126 |
|
75 ans |
Masculin |
150 mmHg |
AVC |
8,4% |
40% |
30 |
Tableau
8: risque coronarien et cérébral calculé selon les données de l'étude de Framingham
![]()
![]()
163 pour
différents types de patients, avec le calcul du NNT, tenant compte d'une réduction
de 40% des AVC et de 16% des accidents coronariens par un traitement de l'hypertension
pendant 10 ans. On considère généralement qu'un NNT > 50 n'est plus très intéressant.
On voit ici qu'une personne âgée bénéficie beaucoup plus du traitement.
Ces éléments ont influencé les dernières recommandations (de l'OMS) pour la
prise en charge de l'hypertension, qui tiennent compte du risque cardiovasculaire
du patient pour poser une indication à un traitement. Si on considère les patients
qui devraient être traités selon ces directives, le risque (infarctus ou AVC)
pour les 10 ans à venir se situe entre 15% (NNT 32) et 30% (NNT 16). (Les valeurs
de NNT sont évaluées en tenant compte des données ci-dessus.)
|
Systol. |
Diastol. |
FRCV |
Particularités |
Seuil thérapeutique |
|
140-159 |
90-99 |
0 |
Traitement si >150/95 après 12 mois ttt non medic* |
|
|
140-159 |
90-99 |
1-2 |
Traitement si >140/90 après 6 mois ttt non medic |
|
|
140-159 |
90-99 |
3 |
ou atteinte d’un organe cible ou diabète |
Traitement immédiat |
|
140-159 |
90-99 |
– |
Affection cardiovasculaire avérée |
Traitement immédiat |
|
160-179 |
99-109 |
0 |
Traitement si >140/90 après 6 mois ttt non medic |
|
|
160-179 |
99-109 |
1-2 |
Traitement si >140/90 après 6 mois ttt non medic |
|
|
160-179 |
99-109 |
3 |
ou atteinte d’un organe cible ou diabète |
Traitement immédiat |
|
160-179 |
99-109 |
– |
Affection cardiovasculaire avérée |
Traitement immédiat |
|
>180 |
>110 |
0 |
Traitement immédiat |
|
|
>180 |
>110 |
1-2 |
Traitement immédiat |
|
|
>180 |
>110 |
3 |
ou atteinte d’un organe cible ou diabète |
Traitement immédiat |
|
>180 |
>110 |
– |
Affection cardiovasculaire avérée |
Traitement immédiat |
Tableau
9: recommandations de l'OMS pour le traitement de l'hypertension en fonction
des valeurs de TAH et du risque vasculaire. FRCV: hommes>55 ans, femmes >65
ans, tabagisme, cholestérol total > 6,5 mmol/l, diabète, anamnèse familiale
d'accidents cardiovasculaires avant 50 ans. Atteinte organe cible: hypertrophie
ventriculaire gauche (ECG, écho), protéinurie, présence d'artériosclérose à
l'échographie ou à l'artériographie. Affection cardiovasculaire avérée: insuffisance
coronarienne, AVC, insuffisance rénale, insuffisance artérielle, rétinopathie
hypertensive (hémorragies, exsudats, œdème de la papille).
Ttt non medic: les mesures diététiques (perte de poids, diminution de l'apport
de sel et d'alcool) peuvent permettre à 38% des patients sous traitement anti-hypertenseur
de stopper leurs médicaments contre 5% dans le groupe témoin ![]()
![]()
165
(NNT 3).
Il faut aussi tenir compte du fait que le tableau thérapeutique ci-dessus est
très schématique; on peut trouver par exemple dans la même catégorie des patients
de 30 ans et de 49 ans. Les décisions de traitement doivent être alors individualisées.
Enfin, surtout pour les patients à faible risque, il serait probablement mieux
d'essayer d'aider (par exemple) votre patient à arrêter de fumer (44% de diminution
du risque cardiovasculaire) avant de lui imposer un traitement médicamenteux.
L'intérêt d'une mesure de la TAH continue pendant 24 h (profil tensionnel) n'est
pas encore établi en l'absence de données épidémiologiques suffisantes sur le
rapport entre cet examen et une augmentation de la morbidité ou de la mortalité
cardiovasculaire. Nous proposons cet examen dans les cas où un effet "blouse
blanche" est fortement suspecté. La TA prise à domicile par le patient est souvent
très utile.
Cholestérol total
Avant de traiter une hypercholestérolémie, il faut proposer des traitements
non médicamenteux qui permettent de diminuer l'incidence des accidents cardiovasculaires.
- L'exercice physique diminue probablement le risque cardiovasculaire de 40
à 50%.
- L'arrêt du tabac diminue le risque cardiovasculaire de 30 à 40%.
- Un régime végétarien diminue les sténoses coronariennes importantes.
- Une étude récente montre que plus de 80% des événements coronariens pourraient
être évités par l'observance de certains modes de vie (non fumeurs, BMI<25,
consommation modérée d'alcool, exercise physique régulier, alimentation pauvre
en graisses animales, riche en céréales et folates) ![]()
![]()
166.
Il existe des guides de pratique pour les décisions à prendre en face d'un dosage
de cholestérol en l'absence d'affection avérée d'athérosclérose.
|
Femmes pré-ménopause |
Femmes post-ménopause et hommes |
|||
|
Critères lipidiques |
||||
|
Autres facteurs de risque |
Autres facteurs de risque |
CT mmol/l |
CT/HDL-C |
LDL-C mmol/l |
|
0-1 |
0 |
>8,0 |
>6,5 |
>5,0 |
|
2 ou plus |
1 ou plus |
>6,5 |
>5,0 |
>4,0 |
Tableau
10: guidelines suisses pour l'indication au traitement médicamenteux hypolipémiant
chez les patients ne présentant aucun signe d'athérosclérose (prévention primaire)
167.
En présence d'un diabète, d'une maladie coronarienne ou d'autres affections
vasculaires, les mêmes autorités médicales proposent de donner un traitement
médicamenteux lorsque 2 points sur 3 sont présents CT >5,0, CT/HDL-C >5,0, LDL-C
>3,0.
Les statines diminuent le risque de maladies cardiovasculaires de 30%, que ce
soit en prévention primaire ![]()
![]()
168 169
(avant infarctus par exemple) ou en prévention secondaire ![]()
![]()
170 (après
infarctus). Cependant, il est clair que la même efficacité n'a pas la même utilité
si le risque est différent. Cette évidence se reflète dans le calcul du NNT.
Si il existe 50% de risques d'avoir un ennui et qu'un traitement réduit ce risque
de 20%, le risque avec traitement est de 40% et la diminution du risque de 10%
(50%-[20% * 50%]). Il faudra donc traiter 10 personnes (1/10%) pour qu'une seule
en bénéficie (le traitement ne diminue pas le risque totalement...). Le NNT
est donc de 10.
Les différentes autorités médicales ont considéré le seuil de traitement à 2%
de risque cardiovasculaire par année (NNT 166) 1.
Vous trouverez ci-dessous des exemples de NNT pour différentes catégories de
personnes. Il est à noter que si tous les patients de ce tableau devaient être
traités selon les guides de pratique suisses (proches des guides européens et
américains, voir tableau ci-dessus), les NNT ne seraient (de loin) pas tous
identiques!
|
Sexe |
Age |
Facteur de risques c-v |
CT(mmol/l) |
CT/HDL-C |
Framingham risque c-v |
Laurier risque c-v |
NNT F |
NNT L |
|
Femme |
30 ans |
130 sys |
8,1 |
6,6 |
0,11% |
0,03% |
3'030 |
11'111 |
|
Femme |
30 ans |
Fumeuse 130 sys |
8,1 |
6,6 |
0,29% |
0,09% |
1'149 |
3'704 |
|
Femme |
30 ans |
Fumeuse 155 sys |
6,6 |
5,1 |
0,22% |
0,07% |
1'515 |
4'762 |
|
Homme |
30 ans |
130 sys |
8,1 |
6,6 |
1,00% |
0,38% |
333 |
877 |
|
Femme |
30 ans |
Fumeuse 155 sys, DM |
6,6 |
5,1 |
0,86% |
0,32% |
388 |
1'042 |
|
Homme |
30 ans |
Fumeur |
6,6 |
5,1 |
1,29% |
0,51% |
258 |
654 |
|
Femme |
60 ans |
8,1 |
6,6 |
3,90% |
1,84% |
85 |
181 |
|
|
Homme |
50 ans |
8,1 |
6,6 |
5,79% |
2,91% |
58 |
115 |
|
|
Femme |
60 ans |
Fumeuse |
6,6 |
5,1 |
6,76% |
3,50% |
49 |
95 |
|
Homme |
50 ans |
Fumeur |
6,6 |
5,1 |
6,93% |
3,60% |
48 |
93 |
|
Femme |
60 ans |
Fumeuse, 155 sys |
6,6 |
5,1 |
8,99% |
4,89% |
37 |
68 |
|
Femme |
60 ans |
Fumeuse, 155 sys, DM |
6,6 |
5,1 |
16,00% |
9,47% |
21 |
35 |
|
Homme |
60 ans |
180 sys |
6,6 |
5,1 |
16,97% |
10,46% |
20 |
32 |
|
Postinfarctus |
28,00% |
11 |
Tableau
11: calcul du nombre de patients à traiter (NNT) pendant 5 ans pour éviter un
accident coronarien en fonction de certaines catégories (sexe, âge, FRCV, dosage
cholestérol total et rapport CT/HDL). Le calcul a été fait avec deux estimations
épidémiologiques du risque ![]()
![]()
172:
Framingham (F) et Laurier (L). Laurier a introduit des modifications pour tenir
compte d'un risque moins élevé en Europe ![]()
173.
Tous les exemples démontrés dans ce tableau devraient être traités si on suit
les directives suisses. 130 sys = 130 mmHg de tension artérielle humérale systolique.
DM=diabète. Il faudrait traiter pendant 5 ans 11'111 patients de la première
ligne du tableau pour éviter un accident coronarien (!)
Glycémie à jeun
Le diagnostic de diabète est posé si la glycémie veineuse à jeun (soit après
8 h de jeûne) est <= 7,0 mmol/l (1,26 g/l) ou si la glycémie
veineuse 2 h post surcharge de glucose (75 g glucose dissous dans 250-300 ml
H2O) est >= 11,1 mmol/l.
Les nouvelles recommandations permettent de se baser sur le seul dosage à jeun
de la glycémie.
En principe, une fois posé le diagnostic de diabète, il faut doser l'hémoglobine
glyquée (HbA1c), pour ajuster le traitement.
Un travail portant sur 5102 patients diabétiques de type II pendant 10 ans a
démontré qu'il n'existe pas de seuil pour les complications du diabète, que
chaque diminution de 1% de l'HbA1c réduit de 35% les complications micro-angiopathiques,
de 25% la mortalité due au diabète et de 18% les infarctus. Cette étude a également
montré qu'il faut traiter aggressivement l'hypertension (but <140/85), que le
bon contrôle glycémique est difficile et qu'aucune des substances utilisées
seules n'est généralement suffisante ![]()
![]()
174.
Minéralométrie
Avant de demander une minéralométrie, voir sous "première consultation"
Voir également le traitement et la prise en charge de
ces patientes.
T score = par rapport à valeur normale d'une femme jeune;
Z score = par rapport à une population du même âge;
ostéoporose avérée = diminution de > 2,5 déviation du T score + fracture;
ostéoporose =diminution de > 2,5 déviation du T score;
ostéopénie = diminution de 1-2,5 déviation du T score.
A noter qu'il n'existe pas de seuil de densité osseuse pour le risque
de fracture. Ce risque augmente régulièrement au fur et à
mesure que la densité diminue. Ceci fait qu'il faut aussi évaluer
le risque de fracture lié aux facteurs non osseux (risque de chute notamment).
Il est souvent plus utile de travailler sur les facteurs non osseux, car ils
pèsent davantage sur le risque de fracture. voir sous "première
consultation".
La décision de traiter ou non avec des médicaments va dépendre
du risque et du bénéfice attendu. Si le risque est de 1 pour 1'000
et que le bénéfice attendu est une diminution de 50% des fractures
avec un médicament x, il faudra traiter 2'000 femmes pour éviter
une fracture(NNT=2'000). Avec un risque de 1 pour 10'000 le NNT est de 20'000.
La décision devient donc subjective.... Le schéma ci-dessous donne
un ordre de grandeur du risque de fracture en fonction de la densité
(et non pas en fonction du T score....) en fonction de l'âge. Ceci permet
de démontrer l'absence de seuil et l'augmentation régulière
du risque.

Transaminases
Des transaminases (à f 1,5 fois la norme) peuvent être le reflet d'une hépatite
chronique chez des patients asymptomatiques
175. Si un
traitement est possible, vous devez dans un premier temps, demander une sérologie
pour l'hépatite C (anticorps), ainsi que pour l'hépatite B (Antigène HBs).
Si la sérologie pour l'hépatite C est positive, demander un RNA circulant pour
l'hépatite C. L'absence de RNA circulant permet d'orienter les investigations
vers une autre cause d'élévation des transaminases.
Adresser au spécialiste les patients avec RNA circulant pour l'hépatite C et
les patients avec HBs positif.
Marc-André Raetzo 12 décembre 2001